PREDICATION du DEPARTEMENT SANTE du 30 juin 2018

Thème : Un temps pour soi

Texte de référence : Marc 12.28-34

Le chrétien, pour honorer son créateur et rédempteur, est appelé à développer non seulement ses facultés spirituelles, mais également ses capacités mentales et physiques. C’est ce que l’Eglise adventiste dénomme, depuis 1978, le programme NEW START qui veut dire Nutrition, Exercice, Eau, Soleil, Tempérance, Air, Repos et Confiance.

Mais quelle est cette confiance ? Il s’agit de celle en l’amour de Dieu et de soi-même.

Au verset 31 de Marc 12, Jésus nous recommande d’aimer notre prochain comme nous-même. Aimer son prochain induit donc préalablement de s’aimer soi-même, ce qui est impossible sans estime de soi (Lévitique 19.18).

S’aimer soi-même suppose donc de :

  • L’intimité

Elle se définit comme étant la capacité d’être dans l’expression et le ressenti authentique de ses émotions et de ses sentiments. Les spécialistes disent que la notion de l’estime de soi est née avec le christianisme. Dans Jean 14.11, Jésus dit : « Croyez en moi, je suis dans le Père et le Père est en en moi ». Etre dans l’autre donne cette dimension nouvelle d’être dans son intimité. Jésus, passionné des autres, n’a jamais cessé de prendre un temps d’intimité avec son Père.

Nous ne sommes pas appelés à vivre dans la solitude, et Dieu nous demande à prendre du temps pour entrer en relation avec lui, quel que soit le degré de nos occupations. Il veut que venions nous asseoir à ses pieds tout comme Marie.

Vous noterez que dans l’histoire de Marthe et Marie, les plaintes de Marthe auprès de Jésus sur l’attitude de Marie, qui préfère se tenir à ses pieds plutôt que d’aider au service, ne sont pas entendues. La réponse de Jésus « Marie a choisi la bonne part qui ne lui ne sera point ôtée » manifeste sa désapprobation.

Jésus vient comme celui qui, par sa parole, commence à aider les autres afin de les rendre capables de donner et de servir. Il est celui sur lequel nous pouvons nous décharger de tous nos soucis. Il dit : « Venez à moi vous tous qui êtes fatigués et chargés et vous trouverez du repos en moi ».

  • La conscience

De quoi devons-nous être conscient quand nous faisons les choses ? Un temps pour soi, mais pourquoi ? Pour qui prenons-nous du temps et pour quoi en faire ?

Deux éléments sont essentiels : l’identité et le bien-être.

Il est important que nous ayons conscience de notre identité pour savoir notre mode de fonctionnement, notre destination et de quoi nous sommes capables.

Notre vie est modelée par des influences familiales, sociales et spirituelles qui nous construisent.

Notre vie est faite de choix qui, pour être efficaces, doivent être éclairés. Ainsi, pour nous respecter dans nos valeurs, rêves, désirs, aspirations et croyances, il est important, tout d’abord, de nous connaitre nous-même. C’est un processus lent qui nous permet de trouver un équilibre entre le corps et l’esprit tout en respectant les besoins de chacun.

Il est important de connaitre notre identité pour trouver notre place dans notre existence et dans le plan de Dieu. Ainsi, Moïse n’a pu s’engager pleinement avec Dieu qu’après avoir eu conscience de son identité. De même, c’est sur une question d’identité que Satan tenta Jésus dans le désert. Il lui dit « Si tu es le Fils de Dieu, alors … », mais Jésus pleinement conscient de son identité ne s’est pas laissé induire en erreur.

L’injonction de Dieu à Abraham « Va vers toi, va pour toi-même » tend à montrer que la question du moi ne doit pas être analysée systématiquement comme étant néfaste. Dans Mathieu 12.1-4, Jésus nous apprend que nous ne devons pas être hermétiques à nos besoins, mais qu’il est bon d’être à l’écoute de nous-même. Si nous ne sommes pas attentifs à nos besoins, nous ne respectons pas notre corps, le temple du Saint-Esprit, comme Dieu nous l’a demandé.

Les pensées et les émotions négatives sont tout aussi dangereuses que les négligences physiques que nous nous infligeons parfois. Nous devons faire preuve de discernement car Dieu a fait de nous des êtres dotés d’intelligence et de clairvoyance (Proverbes 2.11 et 7.4). Nous devons aimer notre prochain mais en trouvant un équilibre entre le temps que nous prenons pour nous-même, important pour notre bien-être, et celui que nous accordons aux autres.

Dans Philippiens 1.9-11, l’apôtre Paul nous invite à discerner ce qui est important. Soyons donc à l’écoute de nous-même, de nos besoins et de notre identité. Ne négligeons ni notre corps, ni notre esprit, car telle est la recommandation de Dieu.

Se connaitre signifie-t-il s’estimer ? Que veut dire l’estime de soi ?

L’estime de soi est une valeur liée à la découverte de soi. Elle suppose de prendre le temps de travailler sur le regard que l’on se porte, et elle est toujours fonction du regard que l’autre porte sur nous.

D’après des études, la perception du temps dépend de trois facteurs : la condition physiologique, l’état psychologique et nos émotions, à savoir les nôtres et celles des autres. Nos actions et nos réactions dépendent de nos émotions. Dans Nombres 20.7-12, nous voyons que les émotions négatives de Moïse ont eu des conséquences néfastes pour lui et son frère. Toutefois, les émotions négatives ne sont pas toujours malheureuses, elles peuvent être bénéfiques. Ainsi, l’émotion négative de Jésus n’a affecté ni sa vie, ni ses interactions sociales, ni n’a été un frein pour son estime de soi, car Jésus a conscience de ce qu’il veut.

Avoir une solide estime de soi représente un socle de compétences psycho-sociales nécessaires pour aller à la rencontre de l’autre, pour lui accorder notre confiance et pour lui donner notre cœur. S’aimer soi-même permet d’aller vers l’autre et de l’aimer.

La vie est un jeu de compromis et d’adaptation entre notre temps, celui des autres et celui que nous consacrons à notre Dieu.

  • Spontanéité ou libre choix

L’apôtre Paul dans 1 Corinthiens 6.12 nous dit que « Tout est permis mais tout n’est pas utile », aussi il nous invite à tout faire pour la gloire de Dieu.

Le Seigneur encourage les croyants à être frémissants, vibrants, actifs et réactifs face aux évènements du monde. Il nous donne des conseils mais nous laisse cependant la liberté de les appliquer, adapter et interpréter avec notre personnalité (Deutéronome 30.15-19).

Se sentir libre est essentiel, mais le Seigneur recommande de rester attacher à lui qui est le cep. Il respecte nos choix et nos préférences et désire participer à notre plein épanouissement. Il nous donne la vie, du temps, le libre choix et veut nous éviter les écueils et les habitudes addictives.

Comme à l’égard de Pierre, disciple fougueux et engagé, Jésus exprime pour nous de la sympathie et de l’amour. Il nous donne parfois des leçons de vie pour nous permettre de marcher dans le bon chemin, dans l’amour et la paix. Il exprime envers nous son amour agape.

Prendre du temps pour soi, c’est donc :

  • L’intimité, en ne s’oubliant pas dans nos relations aux autres et en prenant le temps de nous ressourcer auprès de notre Seigneur.
  • La conscience, en prenant le temps de découvrir notre valeur et en ne nous laissant pas submerger par les désagréments de la vie, par les émotions et les relations toxiques.
  • La spontanéité ou le libre choix, en étant vrai dans ce que nous sommes, ce que nous entreprenons et en ayant pour cap Jésus-Christ.

Avec Dieu, tout recommence chaque jour, il « crée en nous un cœur pur et renouvelle en nous un esprit bien disposé » (Psaume 51.12).

L’espérance qu’il donne est donc immuable.

Merci Seigneur pour tes bénédictions qui m’aident à progresser dans l’estime de soi et du prochain.