RESUME de la PREDICATION d’Olivier LIBER du 7 avril 2018

 

La prière est un élément important de notre relation à Dieu. Le chapitre de Luc 18 débute par deux paraboles qui nous invitent à réfléchir sur ce moyen de communication. Notre réflexion se concentrera sur la deuxième parabole (versets 9 à 14), mais il ne faut pas passer à côté de la première qui nous invite à prier sans cesse et sans se décourager.

Cette deuxième parabole aborde le contenu de nos prières et pour cela prend l’exemple de deux hommes qui vont au temple pour prier. Extérieurement l’action réalisée par ces deux hommes peut sembler identique, pourtant il n’en est rien. A la fin du texte, Jésus précisera : l’un sera justifié plutôt que l’autre.

Quel élément déterminant fait donc la différence entre ces deux hommes ?

Pour bien comprendre l’image prise par Jésus, il faut replacer les protagonistes dans leur contexte : Un pharisien tout d’abord qui, selon notre lecture, est considéré comme le « mauvais ».

En effet les nombreuses réprimandes de Jésus à l’endroit des pharisiens nous ont forgé cette conviction. Toutefois, à l’époque de Jésus, les pharisiens étaient les personnes les plus reconnues dans la société. Il s’agissait d’hommes qui connaissaient les textes sur le bout des doigts, qui les mettaient en pratique et qui les enseignaient. Ils n’étaient pas sacrificateurs, mais ils étaient au contact du peuple pour le guider dans la manière de respecter la volonté de Dieu. A contrario le publicain, ou collecteur d’impôts, est l’une des catégories les plus détestées du peuple juif. Il s’agissait de Juifs ayant accepté de travailler pour l’occupant romain pour prélever les impôts. Ils en profitaient pour demander plus que nécessaire et se remplir les poches. Ayant reçu l’autorité de Rome, ils étaient intouchables mais considérés par les Juifs comme des païens et des pécheurs de par leur attitude et le contact fréquent qu’ils avaient avec les Romains.

Donc la parabole de Luc nous invite à observer la prière de deux hommes aux extrémités de l’échelle de popularité du monde juif. Le meilleur juif et le pire. Tout les oppose et leur prière également. Mais à la fin c’est le collecteur d’impôts, celui considéré comme le pire qui est justifié.

Le publicain a une attitude de mise en scène, il est au temple debout, tout le monde peut ainsi le voir. Il prie dans son cœur mais d’après les mots on a l’impression qu’il prie à haute voix. Il commence par remercier Dieu. Quoi de mal à cela, bien au contraire. Toutefois, on se rend vite compte que Dieu n’est pas le sujet de sa prière. Il remercie Dieu pour ce qu’il ne fait pas (tous les péchés des autres hommes), il remercie Dieu de n’être pas comme ce pécheur de collecteur d’impôts. Puis il met l’accent sur ce qu’il fait de plus que ce qui est demandé par la loi. Il donne la dîme de tous ses revenus et jeûne deux fois par semaine.

Pour information, le jeûne était requis par la loi de Moise une fois par an uniquement.

Cette prière n’est pas une communication avec Dieu mais plutôt un plaidoyer de sa bonne conduite. Il présente son curriculum vitae de parfait juif pratiquant. Il se définit par rapport aux autres et à ce qu’il fait mais pas par rapport à ce qu’il est. Dieu est spectateur de cette prière et non acteur. Dieu ne peut donc pas agir en faveur de cet homme.

Le collecteur, lui, a une toute autre attitude, il reste en retrait presque gêné d’être dans le temple. Il ne veut pas être vu. Il n’ose pas lever les yeux au ciel, ce qui en dit long sur son rapport à Dieu. Sa prière est simple, Dieu en est le sujet et il lui demande d’agir dans sa vie. Il se considère non par rapport aux autres hommes mais par rapport à Dieu, il est pécheur tout simplement. Dieu peut donc agir et le considère comme juste.

Beaucoup de leçons peuvent être tirées de cette parabole. Je n’en retiendrais que trois :

– Tout d’abord nous sommes tous concernés car notre comportement se rapproche le plus souvent de celui du pharisien que du publicain. Notre monde est basé sur la comparaison des uns aux autres dans tous les domaines et malheureusement nous appliquons ce mode de pensée à notre vie spirituelle. Dieu nous invite à nous focaliser sur lui. Il nous propose de ne plus compter sur nos propres forces, notre intelligence, notre capacité à faire les choses, mais à les remettre entre ses mains. Ainsi notre vision de la vie change et nous sommes transformés à son image jour après jour selon son plan et non le nôtre.

– Ensuite, deux pièges se dressent devant nous quand on veut aller vers Dieu. « Je suis trop bon » et je n’ai pas besoin de Dieu, comme le pharisien. « Je suis trop nul », Dieu ne me pardonnera pas. En regardant l’exemple du publicain qui était considéré comme le plus grand pécheur du monde juif, on comprend que Dieu ne nous laisse jamais tomber si on s’accroche à sa main en lui demandant d’intervenir dans notre vie. Qu’importe ce que l’on fait ou que l’on ait fait dans le passé, Dieu frappe toujours à la porte. Si quelqu’un entend, il ouvre et Dieu dîne avec lui. Aujourd’hui peut être le premier jour de notre nouvelle vie.

– Enfin, cette réflexion sur la prière me donne l’opportunité de vous inviter à faire une prière personnelle. Que vous soyez chrétiens depuis longtemps, athée, ou quelque part entre les deux, Dieu nous donne l’opportunité aujourd’hui de lui parler franchement de nous mettre à nu devant lui et lui seul, de ne pas nous préoccuper de ce que pensent les autres, des qu’en dira-t-on, de se focaliser sur lui.

Si vous ne savez pas quoi dire à Dieu, ouvrez simplement votre cœur, et laissez-le parler pour vous. Dieu connait nos besoins mais il ne peut agir si on ne le laisse pas entrer dans notre vie.

Ouvrez votre cœur à Dieu en lui demandant d’agir dans votre vie, dans un domaine de votre vie qui est connu ou secret et caché. Ne lui demandez pas comment faire, mais ayez l’assurance que parce que vous lui avez demandé, il fera quelque chose. Si vous vous présentez à lui tel que vous êtes vraiment, il vous acceptera et vous justifiera, c’est sa Parole qui le dit.

Cette expérience de prière peut être un nouveau départ dans notre vie. Ne nous basons plus sur la comparaison des uns aux autres dans tous les domaines de notre vie (familial, études, travail, perso, etc.) mais regardons à Jésus et remettons notre vie entre ses mains.