RESUME de la PREDICATION de Olivier LIBER du 30 juillet 2016

Qui sont les vrais aveugles ? Jean chapitre 9

Au travers de l’histoire de l’aveugle de naissance guéri par Jésus, nous allons voir comment Jésus avait une vision différente de celle du monde qui l’entourait. Il voyait ses contemporains au travers d’un filtre d’amour insufflé par le Saint-Esprit, ce qui n’était pas le cas des disciples et des pharisiens. Et nous, avec quel filtre voyons-nous la vie et les autres autour de nous ?

Jean 9.2 : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? »

Il est intéressant de constater que la préoccupation des disciples n’était pas « pourquoi » cet aveugle était né aveugle, mais qui avait péché pour qu’il soit né aveugle ? En d’autres mots, les disciples ainsi que les contemporains de Jésus savaient déjà qu’il était pécheur et que quelqu’un avait dû commettre une faute grave pour qu’il soit dans cette situation.

Le détail manquant est le « qui » uniquement. La réponse de Jésus montre sa vision, différente sur cette situation : « Ce n’est pas que lui ou ses parents aient péché ; c’est pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. » Jésus met l’accent non pas sur le passé de cet aveugle, mais sur son futur et sur l’opportunité que cette situation engendre. Jésus voit cet homme comme un futur instrument de son œuvre sur cette terre.

Quelle vision avons-nous du péché ? Est-ce que nous nous attardons sur les causes ? Est-ce que nous voyons au travers de ces situations difficiles une opportunité pour Dieu de manifester son œuvre en nous et en ceux qui nous entourent ?

Jean 9.24 : « Donne gloire à Dieu ; nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. »

Deux attitudes sont assez significatives de la manière dont les contemporains de Jésus vivent la situation et l’opposition avec ce que Jésus propose :

1/ Il est marquant de voir qu’aucun des protagonistes de l’histoire ne se réjouit de cette guérison miraculeuse. Imaginez que quelqu’un de proche qui est infirme physiquement, psychiquement ou même spirituellement retrouve toutes ses facultés du jour au lendemain. Quelle joie n’auriez-vous pas à constater sa guérison ?

Dans ce texte, les voisins et les amis de la famille ne se réjouissent pas, mais posent une question lourde de sens : Comment tes yeux se sont-ils ouverts ? Au-delà de l’aspect purement cartésien de la question, le texte nous donne l’explication de cette réaction particulière : « Or c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue, et lui avait ouvert les yeux. » (v. 14)

Selon la loi des pharisiens, Jésus a enfreint au moins trois lois du sabbat pour réaliser ce miracle, et cela pose un problème théologique. C’est pour cette raison que l’aveugle est amené auprès des pharisiens, qui auront la même interrogation mais également la réponse : « Cet homme n’est pas issu de Dieu, puisqu’il n’observe pas le sabbat. »

Les règles mises en place pour favoriser l’adoration du sabbat devenaient un obstacle à la perception du miracle de Jésus. La perspective de la transgression de ces lois empêche les pharisiens de percevoir l’amour et le miracle de Jésus auprès de cet aveugle.

Est-ce que les règles et les lois que nous nous fixons ne deviennent pas également un obstacle à la vision que Dieu nous propose ?

2/ Le débat entre les pharisiens et l’aveugle prend une tournure spirituelle. L’enfermement idéologique des pharisiens les empêche de concevoir que Jésus pourrait être un prophète. Ils vont même aller jusqu’à prendre Dieu à témoin et forcer l’aveugle à suivre leurs pensées pour prouver que Jésus ne vient pas de Dieu : « Donne gloire à Dieu ; nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. » L’aveugle se permet d’affirmer que Jésus est un prophète (v. 17) car il a vécu une expérience avec Jésus et ne peut que témoigner de cette expérience (v. 25). Jésus avait invité ses disciples à voir comment les œuvres de Dieu pouvaient se manifester en cet aveugle, et dans la suite du texte nous pouvons voir comment ces œuvres se manifestent.

L’aveugle qui était considéré comme « né dans le péché » (v. 34) va littéralement donner une étude biblique aux pharisiens : « Nous savons que Dieu n’entend pas les pécheurs ; mais si quelqu’un honore Dieu et fait sa volonté, celui-là, il l’entend. Jamais encore on n’a entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux d’un aveugle-né. Si celui-ci n’était pas issu de Dieu, il ne pourrait rien faire. » (v. 31-33)

Les mots employés par l’aveugle se retrouvent dans l’Ancien Testament et dans les paroles de Jésus (Esaïe 1.15, Psaume 66.18, Job 27.9, Jean 15.5).

Il est vraiment intéressant de constater le retournement de la situation entre cet aveugle et les pharisiens. D’ailleurs les pharisiens ne sachant que dire vont chasser cet aveugle.

Encore un manque d’ouverture d’esprit ou d’enfermement dans leurs croyances.

Au-delà des règles que nous nous fixons, nos croyances peuvent aussi nous enfermer dans une vision qui n’est pas celle que Dieu veut pour nous. Comment pouvons-nous alors être sûrs de suivre Dieu ?

Jean 9.40 : « Nous aussi, sommes-nous aveugles ? »

En comparant les attitudes des pharisiens et de l’aveugle durant tout ce passage, il ressort que la grande différence entre ces deux protagonistes est la dépendance qu’ils ont vis-à-vis de Dieu.

Jésus dit : « Moi, je suis venu dans ce monde pour un jugement : afin que ceux qui ne voient pas voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles. » (v. 39. Il s’agit de la grille d’analyse que Dieu nous propose.

Ceux qui sont aveugles, qui expriment leur besoin de Dieu, sont ceux qui seront guéris. Par contre, ceux qui pensent voir et ne pas avoir besoin de Dieu ou seulement partiellement, pour des détails, ceux-là sont les vrais aveugles.

La dernière question des pharisiens montre comment, malgré tout, les pharisiens espéraient être dans le bon chemin : « Nous aussi, sommes-nous aveugles ? » (v. 40) En disant cela, ils espéraient que Jésus les considère comme aveugles et donc leur rende la vue. Toutefois, la réponse de Jésus est claire : « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché. Mais maintenant vous dites : « Nous voyons » ; aussi votre péché demeure. »

Au travers de cette histoire nous pouvons facilement faire le parallèle entre cet aveugle de naissance qui n’avait rien et qui, grâce à Jésus, est devenu un enseignant de la foi, et les pharisiens qui avaient toute la connaissance mais qui ont rejeté l’action de Dieu et le témoignage de cet aveugle. Ils n’ont pas été touchés par ce message puissant.

Seigneur, aide-nous à toujours nous reposer sur toi, à toujours avoir besoin de toi et à ne pas nous reposer sur nous-mêmes, nos connaissances, nos savoirs, nos qualités, nos talents, mais à te faire confiance à toi et à toi seul. Aide-nous à exprimer auprès des autres le témoignage simple de ce que tu as fait dans nos vies, même si ce n’est pas aussi spectaculaire que pour cet aveugle.

Enfin, aide-nous à ce que nous laissions ton œuvre se manifester en nous.