RESUME de la PREDICATION du pasteur Karl JOHNSON du 11 février 2017

 

Lecture : Jean 14.1-3

Après l’élection de Donald Trump comme président des Etats-Unis d’Amérique, beaucoup se posent la question : « Donald Trump est-il un signe des temps ? »

Il faut savoir que 70% des évangéliques ont voté pour lui, certains espérant ainsi « accélérer » les évènements de la fin et « avancer » le retour du Christ.

Mais faut-il voir partout des signes des temps ?

En 1969, lorsque l’homme a posé pour la première fois le pied sur la lune, on y a vu un signe des temps.

Dans le domaine de l’informatique, avec le bug annoncé de l’an 2000, on y a vu un signe des temps.

En 1985, avec le retour de nombreux Juifs éthiopiens en Israël, on y a vu un signe des temps : des textes bibliques présentent le retour des Juifs sur leur terre comme un signe de la fin des temps.

En 1833, une chute d’étoiles en Yougoslavie, dans une vision apocalyptique, a été perçue comme un signe des temps.

On pourrait ici citer de nombreux autres exemples… Et pourtant, le Christ n’est toujours pas revenu.

L’espérance chrétienne : les signes des temps

En Matthieu 24, au verset 3, après l’annonce de Jésus, ses disciples lui demandent immédiatement quel sera le signe de son avènement et de la fin du monde.

En effet, pour les Juifs, la destruction de Jérusalem et en particulier du temple, signifie la fin du monde.

Quand ? Ils lui demandent également : « Quand cela arrivera-t-il ? »

Il ne faut cependant pas oublier que le temps de Dieu n’est pas celui des hommes.

La fin du monde – Bien légitimement, les disciples s’inquiètent de voir arriver cette fin du monde.

Il est important d’observer cette notion de fin du monde dans la globalité des textes bibliques.

Plusieurs y font référence, souvent symboliquement :

  • Le déluge
  • Sodome et Gomorrhe
  • L’arrivée du peuple d’Israël en Canaan
  • L’image de la vallée de Hinnom (ou Géhenne)
  • Les prophètes avec le retour en Israël après les déportations
  • Matthieu 24
  • Des textes de Paul qui s’inspirent de toute une littérature apocalyptique qui existe à cette période
  • Des textes entre les livres de Malachie et de Matthieu (période intertestamentaire)
  • Les textes de l’Apocalypse

Une vision générale est indispensable pour appréhender l’idée de la fin du monde.

Face à cette idée, plusieurs réactions sont possibles :

  • Être blasé et cynique : « Où est donc le signe de ton avènement ? »
  • Être traumatisé et frustré par ceux qui ne cessent de produire des idées annonçant le retour du Christ. Il y a aujourd’hui une trentaine de courants extrémistes issus de l’adventisme qui agissent en ce sens.
  • Chercher des boucs émissaires en culpabilisant ; par exemple :
    1. « Vous n’évangélisez pas assez… »
    2. « Vous ne priez pas assez… »
    3. « Vous n’êtes pas assez sanctifiés… »
    4. « Il y a trop de péché dans l’Eglise… »
  • Se laisser emporter par toutes sortes d’interprétations.

Mais cette notion de fin du monde est aujourd’hui sans doute plus présente dans la société que dans l’Eglise. L’Eglise semble se taire alors que la société laïque ne cesse d’en parler, mais souvent en termes différents, avec notamment ce qu’on a appelé le syndrome du Titanic, une idée proposée par Nicolas Hulot.

Les magazines en font leurs titres, leurs couvertures ; Hollywood produit régulièrement des films sur le sujet. Nombre de livres, plus ou moins philosophiques, abordent cette thématique.

Les signes des temps – Matthieu 16.1-4

Les paroles de Jésus contenues dans ce texte nous amènent à nous référer au texte, en évitant de s’appuyer sur des évènements que nous pourrions observer.

Nous sommes donc invités à rester fidèles au texte.

Matthieu 24 :

Il s’agit d’un chapitre où sont présentés à la fois des signes qui annoncent la destruction du temple de Jérusalem et ceux qui annoncent la fin du monde. Il est parfois difficile de dissocier les deux, mais ces signes des temps sont bien présents dans ce texte.

Ces signes peuvent appartenir à différentes catégories : les signes cosmiques, les signes religieux, les signes sociaux et les signes politiques.

Mais comment évaluer ces signes ? Qu’est-ce qui fait qu’un signe est remarquable, historique ?

Il y a visiblement quatre aspects qui permettent de définir ce qui fait qu’un signe est historique :

  • Son intensité
  • Son imprévisibilité (exemple du 11 septembre, le tsunami…)
  • Son retentissement (il doit être universel)
  • Ses conséquences (que nous pouvons vivre encore aujourd’hui)

Une chose est sûre : Un signe des temps ne peut être localisé. Il retentit et porte des conséquences universelles sur une longue période.

Il y a une ambivalence liée au signe des temps :

Il détruit et inquiète bien souvent, mais il construit autre chose.

Un évènement historique annonce bien souvent un autre évènement. C’est difficile, mais il faut savoir rester sereins face à ces évènements.

Comment vivre cette fin des temps au quotidien ?

En s’habillant curieusement ? En s’enfermant ? En priant sans cesse ? En étant reclus du monde ?

Faut-il se projeter dans l’avenir ? Pourquoi travailler s’il revient demain ?

Un retard annoncé

Pourquoi se focaliser sur ces temps de la fin, alors que de nombreux textes parlent du retard de l’époux, symbole le Christ qui doit revenir.

Reprenons par exemple le chapitre 24 de Matthieu, aux versets 24. 42, 44 et 48b. Ils nous indiquent que le maître aura du retard pour son mariage. Son retard est annoncé, alors pourquoi s’inquiéter ?

Alors, comment attendre ?

Observons rapidement quelques paraboles significatives :

  • La parabole du voleur dans la nuit (Matthieu 24.44) nous appelle à nous tenir prêts.
  • La parabole du serviteur fidèle (Matthieu 24.45-51) nous incite à ne pas attendre dans l’oisiveté !
  • La parabole des dix vierges (Matthieu 25.1-13) nous invite à nous préparer personnellement.
  • La parabole des talents (Matthieu 24.19-29) nous demande de faire fructifier nos dons.
  • La parabole des brebis et des boucs (Matthieu 25, qu’on ne peut séparer de Matthieu 24) nous pousse à faire preuve de compassion et de fraternité.

Voilà donc comment il faut attendre !

L’exemple du Christ

Le meilleur exemple qui soit reste celui qui devrait être notre modèle à tous : celui de Jésus-Christ.

Que faisait-il ? Il priait beaucoup certes, mais il accomplissait aussi son œuvre, sa mission, en étant au milieu du monde qui l’entourait.

Nous sommes donc appelés à suivre cet exemple : Nous devons être à la fois de vrais hommes et de vrais croyants. Il faut vivre pleinement chaque journée qui passe, dans l’action, mais, en même temps, il faut être capables de conserver cette espérance de son retour.

Conclusion

Soyons capables de savoir où placer notre espérance.

Restons calmes, en conservant toujours une attitude appropriée.

Comme nous le rappelle nombre de textes bibliques : « Restons prêts » !