Résumé du culte du sabbat 20 juin 2015

 Prédicateur : Pasteur Jean-Jack CHAFOGRACK

 

Thème : Le pardon

Texte de référence : Luc 17 versets 3 et 4

Jésus a enseigné à ses disciples la nécessité de vivre le pardon.

Lorsque l’on considère le sanctuaire, lieu central de la religion en Israël et dans le désert, l’essentiel de ce qui s’y déroulait était en lien avec le pardon. Vivre le pardon y occupait une place prépondérante, que cela soit de manière verticale, à savoir dans la relation avec Dieu, ou horizontale, c’est-à-dire dans la relation aux autres. Le pardon est donc un élément-clé dans la vie du chrétien.

Aujourd’hui, dans notre Eglise, quelle place est réservée au pardon ? N’avez-vous jamais été victime ou offensé, ou à l’inverse offenseur ?

Depuis notre naissance, nous sommes tour à tour offensé ou offenseur dans notre relation avec les autres. C’est pourquoi, Dieu a montré que le pardon est au cœur de la vie spirituelle. Il est par conséquent inimaginable pour un chrétien de ne pas vivre le pardon tant en qualité d’offensé que d’offenseur.

Cependant, cette vie de pardon peut se traduire par deux extrêmes :

1/ Ne prendre en compte que sa relation à Dieu sans se soucier des autres

Dans Matthieu 6 versets 14 et 15, Jésus lie le pardon reçu de Dieu au pardon accordé aux hommes :

« Si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi vos fautes, mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses. »

Par ailleurs, dans 1 Jean 4 verset 20, Jésus explique que le pardon est un élément indissociable de la relation à Dieu car c’est un don de Dieu :

« Et nous avons de lui ce commandement : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère ».

L’homme naturel ne reconnait pas spontanément ses torts, ni de s’être trompé ; il ne demande pas pardon. Chaque fois que nous nous engageons dans une démarche de demande de pardon, c’est parce que Dieu nous y a invité et nous a donné la force de rechercher la réconciliation.

Pardonner est le meilleur moyen d’apprendre à l’autre à vivre le pardon et à le demander. Il nous est impossible de vivre une vie chrétienne sans savoir recevoir de Dieu le don du pardon.

 2/ Pardonner à tous de manière inconditionnelle

Dans Luc 17 versets 3 et 4, Jésus nous présente un pardon conditionnel. Celui-ci n’est possible que dans le cas d’une prise de conscience, d’une démarche de repentance, d’une demande de pardon qui se concrétise par une réconciliation.

Le pardon que Dieu accorde aux hommes est conditionné à une prise de conscience, une repentance et une demande de pardon ; ce n’est qu’après cette démarche que la relation est rétablie. Le pardon qui libère, qui réconcilie, implique donc les deux parties. Il ne peut être imposé ni à l’offensé, ni à l’offenseur.

Le pardon de Dieu est le modèle de pardon pour les hommes ; à défaut d’avoir compris cela nous prônons parfois un pardon dépourvu de sens spirituel.

Dans le pardon, il y a non seulement l’action de donner, mais aussi celle de recevoir.

Le pardon entre les hommes fonctionne sur le même modèle que le pardon de Dieu. Il n’est donc ni inconditionnel, ni unilatéral ; il s’offre uniquement à celui qui le désire, à celui qui en exprime le besoin (cf Matthieu 18 versets 15 et 17).

En conséquence, ces deux extrêmes ne sont pas bibliques. Pourtant, Jésus nous invite à pardonner. Ce pardon doit être compris comme un pardon pour les offenses involontaires, celles dont l’auteur n’en a pas conscience : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23.34).

Que faire donc si l’offenseur ne se repent pas ?

L’apôtre Paul nous indique la marche à suivre dans 2 Timothée 4 versets 14, 17 et 18 :       « Alexandre, le forgeron, m’a fait beaucoup de mal. Le Seigneur lui rendra selon ses œuvres. C’est le Seigneur qui m’a assisté et qui m’a fortifié, afin que la prédication fût accomplie par moi et que tous les païens l’entendissent. Et j’ai été délivré de la gueule du lion. Le Seigneur me délivrera de toute œuvre mauvaise, et il me sauvera pour me faire entrer dans son royaume céleste ».

Paul nous invite à remettre toutes choses entre les mains de Dieu – ce qui me fait souffrir, ce qui me remplit de haine et d’amertume – pour retrouver la paix et la sérénité. Car à Dieu seul appartient la vengeance et la rétribution.

Si je suis l’offenseur, je dois apprendre à demander à Dieu de m’accorder le don du pardon ;

Si je suis l’offensé, je dois apprendre à demander à Dieu la force de donner le pardon ;

Si je suis confronté à une absence de demande de pardon, je dois demander à Dieu de m’apprendre à remettre toutes choses entre ses mains afin qu’il agisse selon sa sagesse.

Nous avons eu et aurons encore à vivre le pardon les uns avec les autres. Dieu a un projet d’amour, de réconciliation et de paix pour chacun de nous. Il nous appartient d’aller vers Dieu et de lui demander de faire en nous ce miracle afin que nous puissions apprendre à demander, à donner et à pardonner à ceux qui nous entourent.