RESUME de la PREDICATION du pasteur Jean-Jack CHAFOGRACK du 20 mai 2017

Texte de base : Marc 14.24

Aujourd’hui, c’est un jour béni, un jour de fête, puisque Dieu nous invite à sa table ; nous allons manger de bonnes choses.

« Il leur dit alors : c‘est mon sang, le sang de l’alliance, qui est répandu pour une multitude. »

Je voudrais attirer votre attention sur le mot alliance. Le fruit de la vigne, qui représente le sang de Jésus-Christ, est le sang de l’alliance. Une alliance résulte de la volonté de deux parties de faire un pacte ; elle implique un rituel particulier.

Jérémie 34.17 et 18 : « A cause de cela, ainsi parle le Seigneur : vous ne m’avez pas écouté… Je livrerai les hommes qui ont passé outre à mon alliance, qui n’ont pas réalisé les paroles de l’alliance qu’ils avaient conclue devant moi, en coupant un taurillon en deux et en passant entre ses moreaux. »

Ce sont des paroles dures contre le peuple. Le texte de Jérémie rappelle le rituel habituel : un animal coupé en deux morceaux placés l’un en face de l’autre ; les parties qui s’engagent passent entre les morceaux.

En dehors de la Bible, ce même rituel est signalé par Platon. Celui qui ne respectait pas l’alliance subissait le même sort que l’animal.

Une scène similaire à celle que montre Jérémie est présentée dans Genèse 15.9-17. Il s’agit là d’un rituel sanglant, fort, qui engage ceux qui s’y soumettent : un véritable pacte.

Les parties impliquées dans une alliance peuvent être diverses. Cela peut concerner deux individus, Jacob et Laban, par exemple (Genèse 29.15-30) ; deux Etats, Juda et la Syrie ; un souverain et ses sujets : David et son peuple, à l’occasion de son couronnement ; un homme et une femme, dans le cadre du mariage.

L’alliance n’implique pas nécessairement l’égalité des parties ; il n’y a pas d’égalité dans l’alliance de Dieu avec son peuple. C’est un pacte avec des clauses spécifiques, un pacte bilatéral qui engage les parties, sous le signe de la divinité : d’où le sacrifice. Elle comporte plusieurs éléments :

  1. Des conditions : un engagement de service avec comme conséquences la malédiction ou la bénédiction.
  1. Un repas : alliance entre Laban et Jacob.
  1. Un sacrifie : un pacte religieux et une action juridique.

Dieu invite les hommes, les peuples à faire alliance avec lui. Cette invitation est adressée à Adam, à Noé, à Abraham et aux patriarches, à Israël. Une alliance n’est pas scellée une fois pour toutes. A l’entrée d’Israël en Canaan, Dieu lui a rappelé son alliance. Le roi Joas a fait de même, après la découverte du livre de la Loi. Même après l’exil, le renouveau national a été officialisé par une invitation faite au peuple à renouveler l’alliance par un sacrifice et un repas.

Quand Marc rappelle les paroles de Jésus : « Ceci est le sang de l’alliance… », il nous fait comprendre ceci : A travers mon sang je vous propose un pacte qui a une valeur juridique et une valeur religieuse.

La Sainte Cène comporte un engagement, un sacrifice et un repas. Nous sommes conviés à la Cène ; c’est un moment qui nous engage et qui engage Dieu. Dans 1 Corinthiens 11.25, l’adjectif nouvelle est ajouté au mot alliance. Ce n’est pas le sacrifice d’un animal qui est accompli, mais celui du Christ. Un repas scelle enfin le pacte entre Dieu et les hommes. L’alliance est nouvelle, car c’est en Jésus-Christ que le pacte est scellé.

Comme Israël, nous sommes appelés à renouveler notre engagement, à prendre conscience des dimensions juridique et légale de l’alliance. Participer à la Cène, c’est une manière de dire à Dieu qu’on veut à nouveau s’engager, se rappeler son devoir de chrétien, tous les engagements pris le jour du baptême. « Je veux te dire que tel que je suis, je viens à toi. Aide-moi à te rester fidèle. Au nom de ta fidélité, je renouvelle le pacte en te donnant ma vie toute entière. C’est donc avec beaucoup de joie, de solennité que je prendrai ce repas. »

Il y a l’engagement que Dieu veut prendre avec nous et que nous voulons prendre avec lui.