Résumé de la prédication du pasteur Karl JOHNSON du 11 juin 2016

 Thème : « Faites ceci en mémoire de moi »

 Texte de référence : 1 Corinthiens 11.25-26

 « Faites ceci en mémoire de moi », c’est l’ordre de notre Seigneur, un impératif tout comme « Allez par tout le monde » et « Aimez-vous les uns les autres ».

La mémoire est au cœur de tout évènement. Elle se retrouve au centre de quatre domaines.

Le premier est constitué des évènements historiques. Ainsi, plusieurs commémorations, comme pour « la bataille de Verdun » et « le bombardement par l’arme atomique de la ville japonaise d’Hiroshima », se sont récemment déroulées au nom de la mémoire. Commémorations sans aucune allusion au pardon, à la réconciliation, ni d’ailleurs à l’engagement ou à la suggestion d’un dédommagement.

Le deuxième est l’électronique. En effet, nous vivons à l’ère de l’électronique où tout est mis en mémoire par peur de perdre les données, et si celles-ci venaient à se perdre, la panique s’installerait et tous les moyens seraient mis en œuvre pour retrouver les données perdues.

Le troisième domaine, où la mémoire est au cœur de l’évènement, est le cerveau avec cette terrible maladie qu’est l’Alzheimer. Perdre la mémoire est souvent un véritable drame, un immense bouleversement, une terrible souffrance.

La quatrième est la relation avec Dieu, domaine particulier pour les croyants. La Bible contient de nombreux versets qui nous invitent à des commémorations, à nous souvenir, à ne pas oublier. Toutefois, s’agissant de la Sainte Cène, quelques aspects semblent assez insolites.

Premièrement, les commémorations sont en principe en lien avec des évènements du passé. Or, Jésus demande de faire mémoire d’un évènement futur. Cela paraît extraordinaire mais la croix ne peut être ordinaire. Par l’expression « Faites ceci en mémoire de moi », nous comprenons que l’évènement ciblé est la croix et que toutes les fois où nous vivons cette Sainte Cène nous sommes invités à nous rappeler que Jésus est mort et ressuscité et qu’il nous donne la vie. Jésus avait prévenu les disciples de l’enchainement des évènements, mais ils n’avaient pas compris cette parole parce que leur attente était tout autre. Ils attendaient la proclamation de Jésus comme Roi d’Israël et le rétablissement de la nation d’Israël, d’où leur immense tristesse (cf. Marc 8.31-32 – 9.31).

Deuxièmement, pour nous parler de la croix, il nous est présenté deux éléments qui n’ont aucun rapport avec celle-ci : le pain et le vin. Qui peut imaginer à travers le pain et le vin ce qui s’est déroulé à la croix ? Quel lien y-a-t-il entre l’horreur de la crucifixion, le pain et le vin, deux aliments plutôt agréables au goût et à la vue ?

Quel message faut-il donc retenir de la croix ?

La croix revêt trois significations :

Elle est le point central de la foi du chrétien. Cette croix, scandale pour les Juifs et folie pour les païens, est la manifestation de la puissance et de la sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés.

Elle annonce une transition, un changement radical, un évènement nouveau, à savoir la fin définitive du système de l’ancienne alliance décrit dans l’Ancien Testament. En mourant sur la croix, Jésus donne désormais à tous l’accès au lieu très saint sans aucun intermédiaire. En somme, une nouvelle alliance est contractée avec les croyants.

Elle montre la nécessité de s’approprier au quotidien cet évènement qui s’est déroulé à la croix à savoir la mort et la résurrection de Jésus qui par ce sang versé nous donne vie. La guérison spirituelle est liée à cet évènement. Le pain et le vin qui témoignent de la croix ne peuvent donc se prendre dans la souffrance et la douleur, mais dans la joie, car la croix est la célébration de la vie.

Le service de communion ne peut pas en conséquence être tristesse et lamentations parce qu’il communique une force spirituelle. Lors du service de communion il s’établit une relation vivante entre le croyant et le Christ, entre le croyant et Dieu et au final un lien entre les êtres humains devant le Dieu tout-puissant.

Si les événements historiques que nous commémorons, tels que la « bataille de Verdun », nous rappellent la pacification entre deux peuples. Cette parole « Faites ceci en mémoire de moi » nous rappelle que nous sommes réconciliés avec Dieu. Alors, soyons des ambassadeurs convaincus pour le ciel.

Si la commémoration de la Shoah nous rappelle cette phrase exigeante « Plus jamais cela », cette Sainte Cène nous rappelle que le pain et le vin sont l’expression d’une relation avec Dieu où ce ferment du péché ne sera plus jamais dans notre vie.

La perte de la mémoire des évènements est notre pire ennemi. Aussi, gardons précieusement l’espoir que lorsque Jésus reviendra nous serons là à ses côtés.